AIKIKAI de STRASBOURG

AIKIDO DOJO  membre du  BIRANKAI CONTINENTAL EUROPE

 

Budo et Aikido

 

 

Chiba Sensei & Valibouze SenseiDe l'art de la guerre à l'art de la paix par Gabriel Valibouze Sensei

 

 

Depuis la nuit des temps, chaque clan, tribu, peuple, nation, espèce humaine, à travers sa culture et son identité particulières a marqué d'une empreinte indélébile l’incommensurable Histoire de l'Humanité.

 

Il ne fait aucun doute pour personne aujourd’hui que dans le domaine des Arts Martiaux c’est le Japon qui, à travers les siècles de son Histoire, a légué à la société moderne l’héritage le plus remarquable en ayant cultivé jusqu’à la perfection l’Esprit du Budo.

 

Cet esprit trouve l'une de ces plus nobles expressions dans l'art développé par le fondateur de l'Aikido Morihei Ueshiba O'Sensei, aujourd'hui largement répandu dans le monde grâce à ses disciples et à tous ceux qui consacrent l'essentiel de leur temps à la pratique et à l'enseignement de cet art.

 

Pour définir précisément les causes ayant déterminé la création de l'Aikido, il convient de remonter loin dans l'histoire du Japon, voire dans l'histoire de l'humanité. Les arts martiaux trouvent leurs fondements, d'une part, dans les premiers combats que l'homme a été contraint de mener pour sa survie et d'autre part, dans l'avidité, sans cesse croissante, de conquêtes.

 

Il est très difficile, voire impossible, de dire quand a véritablement commencé ce temps.

 

On peut, par contre, affirmer que toute créature vivante possède de manière innée le sens, plus ou moins révélé, de l'autodéfense, c'est à dire, de protection de soi et de ses proches, pour assurer sa survie.

 

Le cerveau humain a élaboré des méthodes sophistiquées afin de canaliser cette faculté en développant des stratégies de combat redoutables, aux effets dévastateurs.

 

Mais pour que ce génie guerrier se transforme véritablement en un art au sens le plus noble du terme, il a fallu comprendre et accepter de manière essentielle que le véritable esprit martial devait se mettre au service de la paix et que donc il ne fallait recourir à la destruction physique de l’ »ennemi » qu’en cas de stricte nécessité, notamment pour la survie du plus grand nombre.

 

La sublimation des arts martiaux est due, à mon sens, à l'esprit extrêmement brillant de quelques seigneurs de guerre aux hautes valeurs morales, inspirés par la clairvoyance, la sagesse et sans aucun doute par l’amour et la compassion.

 

Ces géniales stratégies militaires, issues de leur finesse de jugement ont acquis par ce biais leurs dimensions artistiques et philosophiques.

 

C'est ainsi qu'il a été possible de connaître de longues périodes de paix et de prospérité.

 

L'instauration du célèbre Code d'honneur du bushido (Voie du guerrier) est une remarquable illustration de cette sagacité.

 

D'un art de survie et de conquête, les arts martiaux deviennent un art de vie.

 

Quoique la tradition guerrière ne soit pas exclusivement l'apanage des Japonais, nul autre pays n'a élevé aussi haut l'idéal martial et n'a réussi à colporter jusqu'à nos jours cet idéal pour l'adapter à notre époque.

 

À ma connaissance aucune autre civilisation n'a engendré la métamorphose d'un art de guerre, au sens le plus meurtrier du terme, en un art de paix considéré comme un moyen de réalisation spirituelle.

 

Toutes les cultures du monde qui ont réussi à traverser les embûches de l'histoire l'ont faites grâce a une stratégie martiale adéquate, qui leur a permis d'assurer leur propre défense.

 

Faute de cela, aucune culture ne peut se développer et prospérer économiquement et socialement.

 

À l'histoire des nations s'attache presque toujours une figure "militaire" majeure.

 

Celles qui n'ont pas misé sur les guerriers ont disparu.

 

Ce n’est qu’à partir de la modernité, où une certaine stabilité s'est établie, que les règles guerrières ont changé.

 

Étant resté fermé sur lui-même plus longtemps que d'autres grands pays, le Japon a pu, pour différentes raisons, conserver intacte et maintenir en vigueur de grandes découvertes concernant les stratégies et les techniques martiales.

 

À l'ouverture « forcée » sur le monde moderne (fin du XIXe siècle), les princes gouvernant le pays, représentés par l'empereur Meiji, s'étant rendu compte que le "permis de tuer" laissé au Samouraï n'était plus de mise, ont ordonné le "dépôts des armes" et supprimé la caste guerrière, et avec elle tous les privilèges qui lui étaient inhérents.

 

Il ne restait alors aux grandes écoles d'art martiaux qu'une seule alternative : disparaître ou s'adapter.

 

Je pense que c'est véritablement à partir de ce changement stratégique qu'une promotion de grande ampleur des arts martiaux en tant qu'art de paix pouvait, et devait même commencer, sous peine de disparition.

 

C'est aussi à cette époque qu'est née l'une des plus grandes personnalités des arts martiaux du Japon contemporain : Morihei Ueshiba, qui allait, comme aucun autre avant lui à cette échelle, incarner ce profond changement idéologique.

 

En conclusion, je pense que les "amateurs d'arts martiaux" d'aujourd'hui doivent au Japon d'avoir été le "laboratoire" où le principe martial a été mené à son aboutissement et transcendé grâce à la découverte et à l'élaboration du principe fondamental du budo.
C'est ce qui a permis au Japon de développer un niveau exceptionnel de société et de culture. Sans compter que c'est à ma connaissance le seul pays qui, tout en étant à la pointe de la technologie, maintient actif les grands enseignement du passé et, ce faisant, nous relie à nos ancêtres.

 

J’aimerais finir en précisant que je suis parfaitement conscient du fait qu’il y a eu avant les japonais des civilisations brillantes tels que les sumériens, les égyptiens, les grecs les romains, les aztèques, les mongols, les chinois, etc... (j’ajouterai ceux pour qui mon cœur penchent le plus : les Hommes de Cro-Magnon, qui avaient eux aussi développés une forme de civilisation remarquable grâce notamment à la connaissance intuitive transmise de génératons en générations au travers d’une mémoire exceptionnelle et surtout grâce à l’habileté de leurs chasseurs qui furent les pilliers de leur survie) et que toutes ces civilisation devaient leur prospérité sociale, culturelle et économique, au génie militaire d’un certains nombre d’entre eux.

 

Mais, à ce jour, seuls les Maîtres d’art martiaux japonais, ont rendu accessible et révélé aux hommes modernes, les principes fondamentaux du Budo.

 

Ceci grâce au contact direct avec les derniers d’entre eux et à leur souci de transmission d’homme à homme.

 

Principes dont l’essence est présente en nous depuis la nuit des temps.

 

 

 

 

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